Vendredi 13

Parce qu’aujourd’hui, lundi 16 novembre 2015, trois jours après des attentats dignes d’une guerre, que je me décide à écrire quelques lignes.

Je ne sais même pas trop par où commencer. Que vous dire. Vous avez surement tous vu ces images que BFM, iTélé, TF1 et j’en passe, diffusent, ont diffusé pendant une soirée complète puis presque tout le week-end qui a suivi cette soirée noire.

Il y a tellement de choses à dire, qui font que je n’arrive plus trop à dormir aussi bien que jeudi soir, que je n’arrive plus à penser sans me dire que près de 130 personnes ont perdu la vie, là, dans ma ville. Aussi près.

Ce qui me choque plus, c’est que cette fois, les gens visés n’étaient pas des personnes particulièrement engagées, noires, jaunes, juives, catholiques, musulmanes, ou je ne sais quoi.

Vendredi 13 novembre 2015. C’est moi, c’est vous, c’est vos amis, vos frères, vos sœurs qui étaient visés. Et peu importe vos origines et vos croyances.

Je suis très loin des politiciens, des engagements qu’ils prennent où non. J’en connais les bases, bien sûr, mais je ne suis pas engagée.

Je suis engagée pour la non-violence. Je suis engagée pour la paix. Je suis engagée pour le partage. Je suis engagée pour le monde. Je suis engagée pour l’amour. Je suis engagée pour la vie.

Maintenant, vous pouvez avoir peur.

Avoir peur est un droit.

Et aujourd’hui, tu as le droit d’avoir peur.

Tu as le droit de fondre en larmes face à l’incompréhension, face à la peur, à la haine que tu peux ressentir envers tous ces événements.

Tu peux pleurer pour les gens que tu n’as pas perdu, pour avoir encore la chance de les serrer dans tes bras.

Tu peux pleurer pour les gens que tu n’as jamais connu et que tu connaîtras jamais.

Tu peux pleurer pour la chance que tu as eu ce soir d’être chez toi.

Et aujourd’hui, tu as le droit aussi d’être fort.

Aujourd’hui tu dois te persuader au fond de toi que des gens bien existent.

Que nous tous arriverons à recommencer : #JeSuisEnTerrasse comme on dit…

Tu peux croire en la force de tout ceux qui t’entourent et te porteront haut. Très haut.

Tu peux avoir peur mais avoir la force de vivre. De croire en ce putain de destin qui a rompu la vie a trop de gens d’ici, ou d’ailleurs.

Tu peux croire en ce putain de destin qui t’a aussi sauvé la vie ce soir là.

Tu peux croire à la chance d’être né ici.

Enfin, ça c’est que je me disais avant.

Aujourd’hui, j’ai de la chance d’être née ici car ces événements n’arrivent pas (encore) tous les jours. Et que ma maison est entière.

Aujourd’hui j’ai la rage.

J’ai la rage contre ces gens suffisamment désespérés pour trouver refuge dans de tels extrêmes.

J’ai la rage contre des gens qui sont à des centaines de kilomètre de chez moi mais qui arrivent à convaincre des personnes plus ou moins jeunes de se faire sauter pour tuer des gens.

Excusez-moi des mots que j’utilise. Mais se sont ceux-là qui fusent dans ma tête.

Aujourd’hui je veux dire merde.

Je dis merde si je bois du vin.

Je dis merde si je bois mon verre de vin en terrasse.

Je dis merde si je bois mon verre de vin en terrasse, avec des copines ou des copains aussi tiens. Oui avec des garçons.

Je dis merde si je bois mon verre de vin en terrasse, avec des copains, et qu’on met de la musique pour avoir encore plus la liberté de vivre la liberté.

Je dis merde si je bois mon verre de vin en terrasse, avec copains, et qu’on met de la musique, et que je rentre chez un ami et qu’on partage le même lit sans être mariés.

Ces paroles sont sens dessus sens dessous. Je le sais. Je ne suis surement pas très lucide aussi. Et je m’en excuse.

Cependant, ce soir, j’avais envie de crier ce que j’ai dans le coeur.

J’avais envie de crier la rage des familles des victimes.

J’avais envie de crier la rage des personnes qui ont vu un cauchemar devenir réel le temps d’une soirée.

J’avais envie de criée la rage de nous tous qui malgré notre envie de VIVRE, avons peur au fond de nous.

Si, vous avez peur. Vous avez vu votre regard dans le métro ce matin ?

Mais, après tout, VIVEZ. Vivez comme si ce soir là avait été le vôtre.

Aimez-vous. Dites le aussi.

Protégez-vous.

Je vous aime. Le monde est beau. Le monde a de l’espoir. Le monde a des milliers de belles choses à offrir.

 

 

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